4e Dimanche de Carême

14 mars 2017

En sortant du Temple, Jésus vit sur son passage un homme aveugle de naissance. Ses disciples l’interrogèrent : « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? » Jésus répondit : « Ni lui, ni ses parents n’ont péché. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui. Il nous faut travailler aux œuvres de Celui qui m’a envoyé, tant qu’il fait jour ; la nuit vient où personne ne pourra plus y travailler. Aussi longtemps que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. »
Cela dit, il cracha à terre et, avec la salive, il fit de la boue ; puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle, et lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé » – ce nom se traduit : Envoyé. L’aveugle y alla donc, et il se lava ; quand il revint, il voyait.
Jn 9

Je n’intéresse pas grand monde : les habitués du Temple ne me remarquent même plus, ma famille a pris ses distances, même l’évangéliste qui raconte mon histoire n’a pas pris soin de noter mon nom. Je suis le mendiant de la porte du Temple, comme j’aurais pu être le patient de la chambre 14.

Sauf qu’un homme, lui, m’a vu. Le seul parmi cette bande d’aveugles qui m’entourent à m’avoir vu. Et ses amis de lui poser les questions 1000 fois entendues : "Pourquoi ? Pourquoi ?" Il a parlé de lui comme de la Lumière du monde ; il a fait de la boue comme Dieu au commencement du monde ; il m’a envoyé me laver et quand je revenais, c’est moi qui voyais alors que ceux qui avaient l’habitude de me voir ne me reconnaissaient plus !

Moi, je voyais bien que c’était un prophète, et même, je me suis mis à croire en lui parce qu’il a illuminé mon regard.

Je prie avec le Psaume 8 :

Ô Seigneur, notre Dieu, qu’il est grand ton nom par toute la terre ! Jusqu’aux cieux, ta splendeur est chantée
par la bouche des enfants, des tout-petits : rempart que tu opposes à l’adversaire, où l’ennemi se brise en sa révolte.
A voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas,
qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui, le fils d’un homme, que tu en prennes souci ?
Tu l’as voulu un peu moindre qu’un dieu, le couronnant de gloire et d’honneur ;
tu l’établis sur les œuvres de tes mains, tu mets toute chose à ses pieds :
les troupeaux de bœufs et de brebis, et même les bêtes sauvages,
les oiseaux du ciel et les poissons de la mer, tout ce qui va son chemin dans les eaux.
O Seigneur, notre Dieu, qu’il est grand ton nom par toute la terre !